La saisie de 17 000 comprimés de tramadol, pour une valeur estimée à près de 25 millions de FCFA, par les Douanes gabonaises est une nouvelle qui interpelle. Cette opération montre que les réseaux de trafic continuent de chercher à faire entrer des produits dangereux sur le territoire. Mais derrière cette saisie, une autre question mérite d’être posée : pourquoi ces produits trouvent-ils encore des consommateurs ?
Derrière le trafic, le problème de la consommation
Lutter contre les stupéfiants ne consiste pas seulement à intercepter les marchandises et à arrêter les trafiquants. Il faut également s’intéresser à la consommation et aux raisons qui poussent certaines personnes, notamment des jeunes, à se tourner vers ces produits.
Si cette cargaison était arrivée sur le marché, combien de personnes auraient pu être exposées au tramadol ? Combien de jeunes auraient pu commencer à en consommer sans réellement mesurer les risques ? Et surtout, combien auraient pu progressivement développer une dépendance ? Ces questions montrent que derrière une saisie se trouve un problème de santé, mais aussi un problème social.
La jeunesse face aux risques
La consommation de stupéfiants peut avoir plusieurs causes. Chez certains jeunes, elle peut commencer par curiosité, par envie d’expérimenter ou sous l’influence du groupe. Chez d’autres, elle peut être liée au mal-être, aux difficultés familiales, au chômage, à la pression sociale ou encore à la volonté de fuir momentanément certains problèmes.
Une consommation occasionnelle peut alors, dans certains cas, évoluer vers une habitude difficile à contrôler. Le danger est également lié à la banalisation de certains produits. Lorsqu’un médicament ou une substance est facilement accessible, certains peuvent être tentés de minimiser ses effets.
La prévention doit prendre une place importante
C’est pourquoi la réponse ne peut pas reposer uniquement sur la répression. Les saisies douanières sont nécessaires pour empêcher les produits illicites d’atteindre les consommateurs, mais elles doivent être accompagnées d’un véritable travail de prévention.
L’école peut notamment jouer un rôle important. Les jeunes doivent pouvoir recevoir une information claire sur les dangers liés aux stupéfiants. Il ne suffit pas de leur dire simplement que « la drogue est mauvaise ». Il faut leur expliquer les conséquences possibles sur leur santé, leurs études, leurs relations familiales et leur avenir.
Familles et société également concernées
La famille a également sa part de responsabilité. Le dialogue entre parents et enfants peut permettre de détecter certaines difficultés avant qu’elles ne deviennent plus graves. Un jeune confronté à des problèmes ne doit pas seulement être jugé ou puni. Il doit aussi pouvoir être écouté et orienté vers une aide adaptée.
La société, elle aussi, doit regarder le problème en face. Lorsqu’une personne est déjà dépendante, la stigmatiser ne règle pas le problème. La prise en charge et l’accompagnement doivent occuper une place importante dans la lutte contre la consommation de stupéfiants.
Une lutte qui doit aller au-delà des saisies
La saisie des 17 000 comprimés de tramadol doit donc être considérée comme un signal d’alerte. Elle rappelle que le trafic existe, mais elle pose surtout la question de la demande. Tant qu’il y aura des consommateurs, les réseaux chercheront à alimenter ce marché.
Derrière ces 17 000 comprimés, il n’y a donc pas seulement une quantité de drogue interceptée. Il y a une question de société : comment empêcher que de nouveaux consommateurs apparaissent ?
La véritable lutte contre les stupéfiants doit ainsi se mener sur plusieurs fronts : lutter contre les trafiquants, renforcer les contrôles, informer les populations, prévenir la consommation et accompagner les personnes déjà dépendantes.
Car la réussite ne se mesurera pas uniquement au nombre de saisies réalisées, mais aussi à notre capacité à réduire la consommation et à protéger les jeunes.
Drame Mariama






