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Louis Gaston Mayila, un visionnaire ?

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Et si Mayila avait raison ? S’est interrogé à haute voix un compatriote très proche du pouvoir le 16 mars 2018, après la déclaration du cercle des notables.  Cette interrogation en dit long sur les objectifs du combat que mène depuis le 30 décembre 2017, le président de l’UPNR, en vue de la réconciliation nationale au Gabon.  

L’appel à la réconciliation nationale a eu un caractère événementiel le 30 décembre 2017 devant une dizaine de leaders politiques de l’opposition. Fin février 2018, le projet a reçu l’adhésion d’une centaine d’hommes de Dieu «  qui voudraient également voir le climat politique du pays plus apaisé  » afin que l’organisation des élections ne soit plus jamais « une occasion de chute » pour la nation.

Il faut réactualiser le vivre ensemble et réunir ce qui est encore éparse au nom de l’intérêt supérieur de la nation. De nombreux leaders politiques du pays ne se parlent plus et nourrissent la rancune. Dans leurs épanchements mortifères, ils entrainent une partie du peuple. Ce n’est pas moins qu’une fabrication de bombes à retardement, et un jour il suffira d’une étincelle pour mettre le feu aux poudres. « Il vaut mieux prévenir que guérir ». C’est tout l’intérêt de la réconciliation nationale que prône Louis Gaston Mayila.

Voyez au Cameroun voisin, ce qui était au départ une simple revendication syndicale est devenu aujourd’hui un conflit armé dans la partie anglophone du pays. Une vraie guerre !  Et toutes les guerres et conflits  sont évitables, à condition d’écouter la voix de la sagesse. Le Gabon doit tirer les leçons de l’histoire et anticiper.  Tout discours de violence est à proscrire et aucune revendication ne doit être prise à la légère.

Les leaders politiques gabonais doivent se surpasser, faire appel à la raison, se tendre la main, et «  se réconcilier ».  La présidentielle de 2016 est aux archives. Le pays a un président et un gouvernement.  Les conflits sont inévitables dans le jeu politique, mais il faut les résoudre de manière fraternelle. Il n’ y a pas de honte  au nom de son pays de dire : «  Je me suis trompé, excuse-moi ».

Il faut faire la paix et une paix véritable. Puis passer  à la résolution des problèmes, qui turlupinent le quotidien des citoyens. L’Afrique du Sud, le Rwanda, la Côte d’Ivoire et le Kenya donnent des exemples.

Mayila a montré la voie à suivre non seulement pour résoudre durablement la crise multiforme que traverse le pays, mais aussi pour prévenir d’éventuels soubresauts, qui inscrivent l’histoire politique du Gabon dans la dynamique du mythe de Sisyphe.  Mais il appartient au président Bongo Ondimba de donner une imprégnation solennelle à la réconciliation des Gabonais.  Une réconciliation à la base et au sommet. Surtout pas une réconciliation fondée sur le partage des privilèges politiques.

« Nous devons apprendre à vivre comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots », disait Martin Luther King.

 

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