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BIENS MAL ACQUIS : JUSTINE JUDITH LEKOGO DÉFEND OLIGUI NGUEMA ET RAPPELLE L’ENJEU DE LA RESTITUTION AU GABON

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« Ce n’est pas défendre une personne que de défendre les faits. »

La députée Justine Judith Lekogo assume de prendre la parole sur l’affaire des « biens mal acquis » et, cette fois, de défendre le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, contre ce qu’elle considère comme un raccourci historique.

Pour l’élue, une chose doit être clairement établie : l’affaire des biens mal acquis n’est pas née avec le pouvoir actuel.

« En tant qu’actrice de la société civile, nous avons suivi cette affaire. Nous savons qu’elle est ancienne. Elle ne peut donc pas être présentée aujourd’hui comme une affaire créée ou initiée par le président Oligui Nguema », rappelle-t-elle.

Les premières démarches judiciaires en France remontent à 2007. La procédure a ensuite connu de nombreuses étapes, impliquant des organisations de la société civile, des citoyens, l’État gabonais et les juridictions françaises.

Le Gabon lui-même était déjà engagé dans cette procédure avant l’arrivée au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema.

Alors pourquoi vouloir aujourd’hui faire comme si cette affaire commençait avec le président actuel ?

Pour Justine Judith Lekogo, le véritable sujet devrait plutôt être regardé en face : que deviennent les biens confisqués et, surtout, qu’en est-il de leur restitution au bénéfice des populations gabonaises ?

Car le dossier a changé de nature au fil des années.

La justice française a prononcé des confiscations dans les différentes procédures. Et depuis la loi française du 4 août 2021, un mécanisme spécifique organise la restitution des recettes issues de la cession de certains biens confisqués dans les affaires dites de « biens mal acquis ». La Cour de cassation a encore précisé, en mars 2026, que ce mécanisme vise à financer des actions de développement au plus près des populations concernées. (Cour de Cassation⁠)

C’est donc là que se trouve aujourd’hui l’un des enjeux essentiels pour le Gabon : la restitution.

Les Gabonais veulent savoir ce que deviendront les biens confisqués et les sommes qui pourraient résulter de leur cession.

Ils veulent savoir si ces ressources pourront effectivement contribuer à financer des écoles, des centres de santé, des infrastructures et des projets bénéficiant directement aux populations.

Autrement dit, le sujet n’est plus seulement de savoir qui a commencé l’affaire. Le sujet est aussi de savoir comment les fruits des confiscations seront restitués et utilisés au bénéfice des Gabonais.

« Nous devons regarder la réalité en face. Cette affaire est ancienne. Ce qui est nouveau, ce sont les étapes judiciaires récentes et le débat sur la restitution. Alors ne mélangeons pas l’histoire du dossier avec son actualité politique », insiste la députée.

Et elle assume pleinement sa position :

« Je défends le président de la République sur ce point précis, parce que je refuse qu’on lui attribue une affaire qui existait bien avant son arrivée au pouvoir. Défendre les faits, ce n’est pas défendre une personne. C’est refuser de réécrire l’histoire. »

Pour l’élue, le débat mérite donc de sortir des querelles politiques et de revenir à l’essentiel : les dates, les décisions de justice, les documents et, désormais, la question de la restitution au peuple gabonais.

« Les Gabonais n’ont pas besoin d’un récit politique fabriqué. Ils ont besoin de vérité, de transparence et de savoir ce qui leur revient. »

L’affaire des biens mal acquis est ancienne. La question de la restitution, elle, est aujourd’hui au cœur des attentes.

Et c’est précisément sur ce terrain que le débat doit désormais se poursuivre.

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