Aux lendemains du coup de libération, un vaste programme de construction des voies secondaires avait été engagé, porteur d’un souffle nouveau pour des quartiers longtemps relégués aux marges du développement urbain. Pensé comme un acte de réparation territoriale, ce chantier ambitieux entendait rétablir un minimum de justice spatiale en reconnectant les populations à ce que la ville moderne offre de plus élémentaire : des routes praticables, sûres et durables. Une promesse forte, inscrite dans la volonté de restaurer la dignité des citoyens et l’équité entre les territoires, comme prôné par le Président de la République Gabonaise, S.E. Brice Clotaire OLLIGUI NGUEMA.
Puis s’est imposé le temps de l’attente. Une pause longue, parfois éprouvante, au cours de laquelle le doute s’est insinué dans les esprits. Dans certains quartiers, l’absence visible de béton avait nourri l’inquiétude : « On se demandait si notre tour viendrait un jour », confie un habitant, la voix chargée d’années de patience. Le silence apparent des chantiers semblait alors accentuer le sentiment d’abandon, malgré la persistance des annonces et des engagements officiels.
À Bel-Air, cependant, l’espoir reprend corps. Si le béton n’a pas encore été coulé, les études techniques, les levés topographiques et les aménagements préparatoires sont bel et bien en cours, signes concrets d’un chantier qui s’organise et se précise. « Les ingénieurs sont passés, les tracés sont faits, on sent que cette fois-ci, c’est sérieux », témoigne une riveraine, observant les équipes à l’œuvre. Pour beaucoup, ces travaux préliminaires constituent déjà une rupture avec des décennies de stagnation et d’enclavement.
Ici, le soulagement ne se mesure plus seulement à l’aune des promesses, mais à celle des actes visibles, progressifs et irréversibles. « Même sans le béton, on voit que quelque chose a changé », assure un notable du quartier. Au-delà de la future route en béton armé, c’est une confiance renouvelée qui s’installe, l’idée désormais crédible que nul territoire n’est voué à l’oubli, et que la dignité urbaine peut, elle aussi, se construire étape par étape.






