Accueil ACTUALITES Bilan d’un an de gouvernance : Justine-Judith Lekogo appelle à consolider les...

Bilan d’un an de gouvernance : Justine-Judith Lekogo appelle à consolider les acquis et à accélérer les réformes

PARTAGER

Honorable Justine-Judith Lekogo, députée élue du deuxième arrondissement de Franceville, économiste, femme politique et actrice de la société civile, livre son analyse du bilan d’un an de gouvernance du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Entre avancées notables et défis persistants, elle appelle à une accélération des réformes, notamment dans les secteurs sociaux et énergétiques. Interview ! 

CDJ : Madame, pourquoi le 12 avril est-il une date importante selon vous ?

Justine-Judith Lekogo : Je voudrais avant tout remercier votre média pour cette opportunité. Le 12 avril est une date majeure pour notre pays, car elle marque un moment décisif où les Gabonais ont exercé leur souveraineté en choisissant librement leur président, Monsieur Brice Clotaire Oligui Nguema.

Ce choix n’était pas un hasard. Il s’est fondé sur un projet de société clair, porté durant la transition, et qui a suscité l’espoir d’un renouveau. Aujourd’hui, un an après, il est normal que les citoyens fassent un bilan et interrogent les résultats.

CDJ : Justement, un an après son élection, peut-on parler d’un bilan positif ?

Justine-Judith Lekogo : Le bilan est globalement encourageant, surtout si l’on tient compte du contexte de transition. Il y a des avancées notables dans plusieurs secteurs, même si tout n’est pas encore parfait.

Nous sommes dans une dynamique de transformation progressive : certaines promesses ont commencé à se concrétiser, d’autres nécessitent encore du temps et des ajustements. Il faut donc avoir une lecture équilibrée : reconnaître les progrès tout en restant exigeant sur les attentes.

CDJ : Quels sont les progrès les plus visibles dans le secteur des infrastructures ?

Justine-Judith Lekogo : Le secteur des infrastructures est sans doute l’un des plus visibles. Nous avons constaté une amélioration du réseau routier, aussi bien à Libreville qu’à l’intérieur du pays.

Des routes ont été réhabilitées, de nouvelles voies secondaires ont été ouvertes, et le nombre de kilomètres bitumés a augmenté. Aujourd’hui, il est possible de relier certaines villes, comme Libreville à Franceville, dans de meilleures conditions, même en période de pluie.

Des localités autrefois enclavées, comme Cocobeach, connaissent un véritable changement de visage.

CDJ : Qu’en est-il des infrastructures administratives et urbaines ?

Justine-Judith Lekogo : Le visage de Libreville évolue progressivement. Plusieurs bâtiments sortent de terre, notamment la cité administrative Émeraude et la cité de la démocratie.

Ces investissements sont stratégiques : pendant des années, l’État gabonais a dépensé énormément en loyers. Avec ces infrastructures, il pourra réduire ces charges et réorienter les ressources vers des secteurs prioritaires comme la santé et l’éducation.

CDJ : Le secteur de l’éducation a connu des tensions. Peut-on parler d’amélioration ?

Justine-Judith Lekogo : Effectivement, il y a eu des crises, mais des efforts ont été faits pour stabiliser la situation. Les cours ont repris, et des programmes d’infrastructures scolaires sont en cours, notamment à Libreville.

Cependant, des défis persistent, notamment à l’intérieur du pays, où les enseignants réclament encore la régularisation de leur situation administrative.

On peut donc dire qu’il y a une amélioration, mais qu’elle reste incomplète.

CDJ : Et sur le plan sanitaire et social, quel est votre constat ?

Justine-Judith Lekogo : C’est sans doute le domaine où les attentes restent les plus fortes. Les difficultés sociales sont réelles, notamment en raison des dettes accumulées auprès de la CNAMGS et de la CNSS.

Cela impacte directement l’accès aux soins, et beaucoup de Gabonais rencontrent des difficultés pour se soigner ou acheter des médicaments.

Le gouvernement en est conscient et travaille à travers des stratégies comme le Plan national de croissance et de développement pour améliorer la situation. Mais il est clair que des efforts importants restent à fournir.

CDJ : Peut-on dire que la diplomatie gabonaise a évolué ?

Justine-Judith Lekogo : Oui, clairement. Le Gabon a retrouvé une place active sur la scène internationale.

On observe une reprise des partenariats, la signature de conventions, et un regain de crédibilité à l’international.

Les autorités en charge des affaires étrangères ont fourni un travail important pour redorer l’image du pays après une période délicate.

CDJ : Quelles actions ont été menées pour lutter contre la pauvreté ?

Justine-Judith Lekogo : Le président a mis l’accent sur la diversification de l’économie, notamment à travers l’agriculture et l’agro-industrie.

Il y a une volonté claire de soutenir la production locale, par exemple dans l’élevage de poulet de chair, afin de réduire les importations et créer des emplois.

Des mécanismes de financement ont été mis en place pour accompagner les entrepreneurs gabonais. Cela montre que la dynamique est lancée, même si les résultats doivent encore se consolider.

CDJ : Qu’en est-il des réformes juridiques, notamment sur la nationalité et les réseaux sociaux ?

Justine-Judith Lekogo : Des réformes importantes ont été engagées. La révision du code de la nationalité vise à redonner de la valeur et du sens à la nationalité gabonaise.

Par ailleurs, l’encadrement juridique des réseaux sociaux et de la communication permet de structurer cet espace, d’éviter les dérives et de renforcer la responsabilité des acteurs.

Ce sont des réformes structurantes pour l’avenir du pays.

CDJ : Finalement, avez-vous le sentiment que les objectifs ont été atteints ?

Justine-Judith Lekogo : Je dirais que certains objectifs ont été atteints, d’autres sont en cours de réalisation, et quelques-uns restent encore à concrétiser.

Ce qui est important, c’est que la trajectoire est définie et que les actions sont engagées.

Le bilan à un an, surtout en tenant compte de la transition, montre des avancées significatives. Mais il faut rester lucide : beaucoup reste à faire pour répondre pleinement aux attentes des Gabonais.

CDJ : Quel message souhaitez-vous adresser aux Gabonais aujourd’hui ?

Justine-Judith Lekogo : Je voudrais dire aux Gabonais que leur rôle est essentiel. Ils se sont exprimés, et ils doivent continuer à être vigilants et exigeants.

Le développement du pays est une responsabilité partagée. Les autorités doivent poursuivre les efforts, mais les citoyens doivent aussi accompagner cette dynamique.

Le plus important aujourd’hui, c’est de maintenir le cap du progrès, avec patience, engagement et responsabilité.

CDJ : La question des coupures d’eau et d’électricité revient souvent. Quel est votre regard sur cette situation ?

Justine-Judith Lekogo : C’est clairement l’un des points les plus préoccupants aujourd’hui, et il faut le dire avec responsabilité : c’est un domaine où les Gabonais ne ressentent pas encore d’amélioration significative.

Les coupures d’eau et d’électricité impactent directement le quotidien des populations, les familles, les activités économiques, les écoles et même les structures de santé.

On peut dire que, sur le plan des infrastructures énergétiques, les résultats restent très insuffisants à ce stade. C’est un point critique qui nécessite une attention urgente.

Le président de la République doit regarder cette question de très près et la prendre à bras-le-corps, car il ne serait pas acceptable que cette situation perdure encore deux ou trois ans. Les attentes des Gabonais sont très fortes sur ce sujet, et des réponses concrètes doivent être apportées rapidement.

LAISSER UN COMMENTAIRE