Notre rédaction s’est rapprochée de Madame Justine Judith Lekogo, Députée de la république, Ancien Ministre Délégué à l’économie, après l’élection du nouveau bureau du Conseil municipal de l’Hôtel de Ville de Libreville. Interview !
CDJ : Madame la députée, vous avez réagi vivement après l’installation du nouveau conseil municipal de Libreville. Pourquoi une telle indignation ?
Justine Judith : Parce que ce qui s’est passé hier dépasse la simple nomination politique. C’est un signal extrêmement préoccupant envoyé à toutes les femmes de notre pays. Sur les postes clés, le maire central et les six adjoints, une seule femme a été retenue. Une seule.
En 2026, ce n’est pas une erreur, c’est un choix. Et ce choix traduit une réalité persistante : l’exclusion des femmes des sphères de décision.
CDJ : Certains pourraient dire que les compétences priment sur le genre…
Justine Judith Lekogo : Justement. Je refuse qu’on oppose compétence et représentation. Les femmes gabonaises sont compétentes, engagées et expérimentées. Elles sont présentes dans tous les secteurs, elles portent des projets, elles dirigent, elles innovent. Dire qu’il n’y avait pas assez de profils féminins crédibles serait non seulement faux, mais insultant.
CDJ : Vous parlez d’un recul ?
Justine Judith Lekogo : Oui, clairement. Nous sommes dans une période où les discours politiques valorisent l’égalité, la participation inclusive, la justice sociale. Mais dans les faits, on assiste à une reproduction des schémas anciens. Ce décalage entre les paroles et les actes est dangereux. Il décrédibilise l’engagement politique.
CDJ : En tant que membre de l’UDB, comment interprétez-vous cette situation ?
Justine Judith Lekogo : En tant que femme engagée au sein de mon parti, mais aussi comme actrice de la société civile, je me sens interpellée. Nous ne pouvons pas défendre des valeurs d’équité et tolérer des pratiques qui les contredisent. C’est une question de cohérence politique, mais aussi de crédibilité vis-à-vis des citoyens.
CDJ : Que demandez-vous concrètement aujourd’hui ?
Justine Judith Lekogo : J’attends des actes forts. Il faut une volonté politique claire pour corriger ces déséquilibres. Cela passe par des mécanismes concrets : promotion des femmes dans les postes décisionnels, transparence dans les nominations, et surtout une véritable reconnaissance du leadership féminin.
CDJ : Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes ?
Justine Judith Lekogo : Je leur dis de ne pas se résigner. Ce qui se passe aujourd’hui est injuste, mais ce n’est pas une fatalité. Nous devons continuer à nous battre, à nous imposer, à exiger notre place. Le silence n’est plus une option.
CDJ : Et aux décideurs politiques ?
Justine Judith Lekogo : L’histoire retiendra les choix qui sont faits aujourd’hui. Continuer à marginaliser les femmes, c’est freiner le développement de notre pays. L’inclusion n’est pas un slogan, c’est une nécessité.






