En ma qualité de députée engagée et dans le cadre de mon devoir d’information citoyenne, je souhaite partager avec l’opinion publique, les autorités compétentes et les partenaires économiques mon analyse de l’évolution récente des indicateurs de marché concernant le Gabon.
Au cours des dernières semaines, j’observe que la perception du risque souverain du Gabon s’est globalement améliorée. Entre la mi-janvier et le début février 2026, la prime de risque est passée de niveaux supérieurs à 1 100 points à environ 750 points. Cette évolution traduit, selon moi, un regain relatif de confiance des investisseurs et une détente appréciable des conditions financières de notre pays. 
Autour du 10 au 15 février, j’ai constaté une phase de stabilisation du spread dans une fourchette de 740 à 760 points, avec une volatilité plus contenue. Cette séquence a marqué une zone de respiration du marché, signe que l’équilibre commençait à s’installer.
Toutefois, j’attire l’attention sur le rebond observé en fin de période : environ 821 points le 18 février puis près de 876 points le 19 février. Cette hausse est rapide et mérite vigilance. Néanmoins, à ce stade, je souligne qu’elle reste nettement inférieure aux tensions du début d’année et qu’elle ne traduit pas une rupture de marché. J’observe également que certains pays voisins connaissent des mouvements comparables, ce qui suggère des facteurs régionaux.
Mon message au grand public
Je tiens à rassurer nos concitoyens que le Gabon n’est pas aujourd’hui en situation de stress financier aigu. Les données montrent au contraire des progrès réels depuis janvier. Notre pays évolue dans une zone de stabilité relative.
Cependant, en toute responsabilité, je rappelle que cette stabilité demeure fragile. Le Gabon conserve un niveau de spread élevé par rapport à ses pairs et sa trajectoire reste plus volatile. En termes simples, la confiance s’est améliorée, mais elle doit encore être consolidée.
Mon appel aux autorités économiques
À la lumière de cette analyse, j’estime que nous sommes dans une phase charnière. Le marché semble tester la crédibilité des signaux économiques que nous envoyons.
Le principal enjeu n’est pas une crise immédiate, mais la possible réversibilité de la confiance. La bonne nouvelle, et je veux insister sur ce point, est que la fenêtre d’action reste ouverte : le niveau actuel n’est pas critique et l’accès au marché demeure préservé.
J’encourage donc, avec esprit constructif :
• à maintenir une discipline budgétaire claire et crédible ;
• à renforcer la transparence sur la dette publique ;
• à améliorer la prévisibilité des décisions financières ;
• à faire preuve de prudence dans le calendrier des émissions.
À moyen terme, je recommande de poursuivre la consolidation budgétaire, la diversification des recettes et la gestion active de la dette, tout en travaillant à réduire la volatilité perçue par les investisseurs.
En conclusion, je considère que le Gabon a enregistré une amélioration tangible depuis le début de l’année. Nous sommes aujourd’hui dans une zone de stabilité relative mais encore fragile. La remontée récente des spreads est un signal de vigilance, pas une alerte rouge.
Plus que jamais, les décisions économiques des prochaines semaines seront déterminantes pour ancrer durablement la confiance.
Message que je souhaite partager : le Gabon n’est pas en difficulté immédiate, mais le marché nous observe attentivement. C’est maintenant que nous devons consolider les acquis.
Fait pour information du public et des autorités compétentes.
Justine Judith LEKOGO
Députée, Vice-présidente Commission Finances,
Ancienne ministre déléguée de l’Économie,
Économiste – Économètre,
Ancienne économiste locale au Fonds monétaire international (FMI)






