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CRISE À L’ÉDUCATION AU GABON : QUAND LA PAROLE D’UNE MÈRE D’ÉTAT TENTE DE RÉCONCILIER L’ÉCOLE AVEC L’AVENIR

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Libreville 21 janvier 2026- Dans un contexte de crise persistante qui secoue le secteur éducatif gabonais, la Ministre de l’Éducation nationale, Camélia NTOUTOUME LECLERCQ, a choisi de rompre le silence par une parole rare, intime et profondément symbolique. À travers une publication sur sa page Facebook, adressée directement aux élèves — qu’elle appelle sans détour « mes enfants »— la ministre ne s’exprime ni en technocrate distante, ni en simple responsable administrative, mais en mère, consciente de la gravité de l’instant et du poids historique que porte chaque jour d’école perdu. Ce message, d’une intensité émotionnelle remarquable, met en lumière une crise qui dépasse le cadre syndical pour toucher au cœur même du pacte social : l’avenir de la jeunesse.

Loin d’éluder la réalité, la ministre reconnaît avec lucidité la douleur causée par le silence des salles de classe, devenues le symbole d’un pays en suspens. Cette image forte — celle d’espaces normalement habités par le savoir, l’espoir et la vie, aujourd’hui figés — traduit l’ampleur de la rupture. Elle rappelle que l’école n’est pas un simple service public, mais un lieu de construction des destins individuels et collectifs. En affirmant « je ne suis pas silencieuse », Camélia NTOUTOUME LECLERCQ répond implicitement aux critiques, tout en réaffirmant sa présence active au cœur des négociations et des efforts engagés pour sortir durablement de l’impasse.

Sur le fond, la ministre insiste sur l’existence d’avancées concrètes, qu’elle qualifie d’« actes forts » et d’« engagements clairs et assumés ». Cette précision n’est pas anodine : elle vise à rétablir la confiance, fragilisée par des années de promesses non tenues dans le secteur éducatif. En plaçant la dignité des enseignants au centre de son propos, elle rappelle une vérité souvent négligée dans les crises sociales : aucun système éducatif ne peut fonctionner sans reconnaissance morale et matérielle de ceux qui transmettent le savoir. Défendre les enseignants, c’est défendre l’école elle-même.

Mais ce message se distingue surtout par son humanité assumée. La ministre reconnaît que tout n’est pas encore réglé, sans chercher à masquer les difficultés restantes. Elle valide la légitimité du combat des enseignants et affirme ressentir leur douleur « à chaque seconde ». Cette empathie publique, rare dans la communication institutionnelle, traduit une volonté de désescalade et de réconciliation. En convoquant la parole biblique — « Heureux ceux qui procurent la paix » — elle inscrit son appel dans un registre moral et spirituel, profondément ancré dans la culture gabonaise, afin de plaider pour un retour apaisé et responsable en classe.

Enfin, l’appel lancé aux élèves à regagner les salles de classe ne se veut ni autoritaire ni culpabilisant. Il est présenté comme un acte de foi en l’avenir, dans un esprit de paix, de calme et de douceur. En concluant par « Je vous aime. Et je me bats pour vous », la ministre transforme un message politique en engagement personnel. Plus qu’une simple communication de crise, cette déclaration révèle une femme d’État consciente de sa mission, habitée par le sens du devoir et par une vision humaniste de l’action publique.

Ce message puissant et touchant en dit long sur la personne, mais aussi sur la méthode : dialoguer, reconnaître, apaiser et construire. Dans une période où l’école gabonaise traverse l’une de ses épreuves les plus délicates, la parole de « Maman Camé », comme appelé affectueusement, tente de retisser le lien fragile entre l’État, les enseignants et les élèves — car de cette unité dépend, plus que jamais, l’avenir du pays.

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