Libreville, le 09 janvier 2026 —Ce n’était pas une simple cérémonie de vœux, mais un moment de vérité institutionnelle. En recevant la presse nationale et internationale au Palais présidentiel, Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République Gabonaise, Chef de l’État, Chef du Gouvernement a transformé l’exercice protocolaire en un acte politique fort : celui d’un État qui assume désormais la presse non comme une périphérie tolérée, mais comme un rouage stratégique de la refondation nationale engagée depuis le 30 août 2023.
Face à une corporation longtemps fragilisée, les journalistes ont livré un diagnostic lucide, mêlant reconnaissance et exigences. Par la voix de Désiré Ename, ils ont salué des avancées concrètes — notamment l’octroi de 500 postes budgétaires aux agents publics de la communication, l’augmentation très considérable de la subvention de la presse et la relance de médias audiovisuels emblématiques — tout en rappelant l’urgence de restaurer des institutions symboliques comme la Maison Georges Rawiri, l’IGIS ou l’AGP. Autant de lieux qui incarnent la mémoire et la crédibilité de l’information gabonaise.
Mais l’originalité de cette rencontre réside ailleurs : dans la reconnaissance explicite, par le chef de l’État, du lien direct entre qualité de l’information et solidité démocratique.
S’appuyant sur le spectaculaire bond du Gabon dans le classement de Reporters sans frontières — de la 94ᵉ place en 2023 à la 41ᵉ en 2025 — le Président a rappelé que la liberté de la presse, désormais mieux garantie, s’accompagne d’une obligation non négociable : la rigueur. « La liberté ne saurait être confondue avec le droit de désinformer », a-t-il martelé, posant les bases d’un nouveau pacte moral entre l’État et les médias.
Ce pacte se veut aussi opérationnel. Pour lever l’un des verrous majeurs du journalisme gabonais — l’accès aux sources publiques — Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé l’élaboration prochaine d’une loi sur l’accès à l’information publique et la création d’un portail numérique de données gouvernementales. Pensé comme un outil de transparence, ce dispositif ambitionne de réduire l’opacité administrative, de limiter la spéculation informationnelle et de restaurer la confiance entre institutions, journalistes et citoyens.
Dans la même logique, le Président a confirmé la modernisation progressive des médias publics, notamment à travers la restructuration de Gabon Télévisions. Mais sans complaisance : la subvention de l’État, a-t-il prévenu, ne saurait être une rente. Elle doit accompagner une professionnalisation accrue, des modèles économiques viables et une indépendance éditoriale assumée. Une presse forte ne se décrète pas, elle se construit.
En cette nouvelle année, cette rencontre acte ainsi une mue silencieuse mais décisive : celle d’une presse appelée à devenir à la fois vigie démocratique, partenaire de gouvernance et gardienne de l’intérêt général. Dans un Gabon en marche vers la félicité, l’information n’est plus un simple récit des faits ; elle devient un instrument de cohésion, de vérité et de transformation nationale.






